Le Lawrence

Je suis retournée récemment dans mon ancien quartier du Mile-End par un élan de nostalgie : le Mile-End a toujours été choyé au niveau des restaurants, même si de nos jours on se rue un peu plus sur la rue Notre-Dame, dans Griffintown, la Petite-Bourgogne ou à Saint-Henri. Peut-être que, sans même m’en apercevoir, je me déplace selon les tendances géographiques gastronomiques…?

Quoiqu’il en soit, j’ai eu le bonheur d’essayer la plupart des dizaines de restaurants qui ont pignon sur rue dans le Mile-End au cours des dix dernières années.

Le Lawrence, je l’avais testé il y a de cela plusieurs années, entre amis, et on avait passé une très agréable soirée, mais je n’y avais plus remis les pieds, pour aucune raison particulière.

Et c’est en le redécouvrant la semaine dernière que j’ai compris quel dommage c’était de ne pas avoir mis ce restaurant sur ma liste de must dès ma première visite il y a près de cinq ans.

La cuisine est influencée par les origines britanniques du chef propriétaire, mais interprétée de façon très personnelle et ne rappelant aucunement les Pubs anglais que l’on connait ici. Beaucoup plus raffinée, c’est une cuisine dont l’identité est aussi tout à fait montréalaise, comme on l’aime, présentant un menu créatif, avec des ingrédients recherchés et bien travaillés. Boudin noir, pintade, cou de bœuf, tarte à la citrouille : peu importe ce que cela puisse évoquer au niveau du style de cuisine, c’est exécuté avec brio.

 

crédit photo: Lawrence

crédit photo: Lawrence

 

Mon arrêt récent (et improvisé) sur l’heure du midi a été si convaincant que je n’ai pu m’empêcher d’y revenir le lendemain pour le brunch. Et c’est en ayant fait le tour de leurs trois menus (matin, midi et soir) que je justifie mon admiration pour ce joli restaurant de 40 places situé au coin des rues Saint-Laurent et Fairmount.

Première des deux récentes visites, donc, sur l’heure du midi. Je me souviens qu’il faisait froid et que nous voulions quelque chose de réconfortant. Valeur sûre pour mon partenaire de table, qui choisit le hamburger frites. Sur le menu, c’est écrit exactement comme ça : pas d’adjectifs embellissants, ni aucune tentative de se démarquer avec un ingrédient original, du style mayonnaise au Kimchi … on a assez confiance ici pour savoir que celui ou celle qui le commande va se régaler.

La viande était si juteuse qu’après une seule bouchée les frites trempaient déjà dans ce suc gras que seuls les vrais carnivores peuvent apprécier; le pain, fraichement sorti des fourneaux (évidemment), était moelleux mais capable de soutenir les jus de la viande; les frites étaient coupées à la mode rustique et épaisses, servies avec du ketchup, maison, bien sûr.

Pour moi, un plat réconfortant fait de rapinis, avec de la saucisse italienne, de l’orge et un œuf parfaitement mollet. C’est onctueux, servi dans un bouillon regorgeant de saveurs, et la portion est parfaite. J’ai adoré. Comme presque tout au Lawrence, la saucisse est faite sur place, et on prend soin de trouver de bons producteurs, qui offrent des produits de haute qualité et qui élèvent leurs animaux sans cruauté. On le sent à chaque bouchée et on se demande pourquoi cela ne devient pas la norme dans tous les restaurants, parce que franchement, la différence est palpable.

 

crédit photo: Lawrence

crédit photo: Lawrence

 

Deuxième visite, pour le brunch du samedi. Nous arrivons un peu tard pour éviter la foule, parce que le Lawrence est reconnu pour ses brunchs et le restaurant se remplit vite le weekend. Et ce fut une très bonne idée car nous avons pu trainer à table, manger lentement, savourer, et jaser avec le très sympathique serveur Chris, qui a eu la gentillesse de répondre à nos mille questions sur l’endroit.

Cette fois-ci mon complice est plus audacieux, optant pour le foie de boeuf, servi avec bacon, oeufs frits et sauge. Riche et goûteux, mais sans jamais rebuter, grâce à une portion raisonnable et un bel équilibre dans l’assiette. Je choisis quant à moi un plat mijoté de tomates, poivrons rouges, coriandre, chili et œufs cuits au four, servi avec du pain maison. C’est réussi, chaud et savoureux, quoiqu’un peu trop concentré en tomates, comme si on avait rajouté de la pâte de tomates, inutilement. Café délicieux également, et somme toute un vrai bonheur d’y avoir passé quelques heures.

 

crédit photo: Lawrence

crédit photo: Lawrence

 

À la fin du repas, on ne cessait de voir les cuisiniers entrer et sortir du restaurant, par la porte principale, avec des caisses de lait, des beignets frits et autres contenants de nourriture : un peu hors norme… On nous a appris que quelques portes plus loin se trouve la Boucherie Lawrence, siège social des préparatifs et de l’entreposage des viandes, fromages et pains, qui servent au restaurant et qui sont aussi en vente à la Boucherie. Comme le Lawrence s’approvisionne en ingrédients de qualité supérieure à tous les niveaux, même le lait et les œufs qu’ils utilisent dans leurs recettes sont disponibles à la Boucherie Lawrence si on est intéressé à s’en procurer. J’aurais adoré goûter à leurs saucisses, leur bacon fumé ou leur jambon, mais je me suis repliée sur ma dent sucrée et j’ai commandé trois de leurs beignets frits – chocolat, crème et citron – que nous avons avalés en deux bouchées. Légers et merveilleux! L’espace est extrêmement propre, ce qui augure toujours bien dans une boucherie, et on y prépare aussi des sandwichs à emporter, que je me suis promise d’essayer très bientôt.

J’ai été conquise par ce restaurant qui respecte ses ingrédients comme on le ferait soi-même, à la maison, et qui déverse de l’amour chacun de ses plats, avec un souci de la réussite prononcé. Après cinq ans, l’équipe a l’air toujours aussi passionnée par sa cuisine. Le Lawrence mérite d’être classé dans notre liste de préférés.

 

LAWRENCE

5201 blvd. St-Laurent
514.503.1070
[email protected]

Souper : mardi à samedi17:30–23:00

Dîner : mardi à vendredi11:30–15:00

Brunch : samedi à dimanche10:00–15:00

Fermé : lundi

 

BOUCHERIE LAWRENCE

5237 blvd. St-Laurent
514-277-8880

[email protected]

Ouvert:
Mardi – Vendredi 9h00 à 19h00
Samedi – Dimanche 10h00 à 18h00

Jeanne Goujon
Jeanne Goujon

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